Investir pour la famille, ou payer pour l’immigration ?

Investir pour la famille, ou payer pour l’immigration ?

François Bayrou, notre inénarrable haut-commissaire au Plan, inépuisable ressuscité de la politique qui ferait croire à la possibilité d’un cycle éternel du recyclage, s’inquiète de l’hiver démographique dans lequel s’enfonce durablement la France. Il a raison : la France a longtemps fait figure de modèle en matière de vitalisme démographique, mais depuis de longues années déjà, la tendance s’est inversée et nous ne parvenons plus désormais, pas plus que nos voisins, à assurer notre renouvellement des générations.

Le haut-commissaire au Plan, fort de sa belle mission dûment payée par nos impôts, a donc imaginé un « pacte national pour la démographie » pour venir à la rescousse, non pas de la natalité, mais du « modèle social français ». On sent bien ici le vice originel de son raisonnement, qui est celui de tant d’autres dans notre pays. Il ne s’agit pas de garantir un avenir à la France : elle n’en est pas digne, et n’en vaut pas la peine. Après tout, qu’a-t-elle donc fait pour qu’on se soucie d’elle ? Elle n’a semé que le malheur et l’oppression après elle. Non, ce qui compte véritablement, c’est de garantir la pérennité de son « modèle social », c’est-à-dire un Etat-providence tout-puissant, enraciné dans les conquêtes sociales de l’après Seconde Guerre mondiale, mais qui s’est depuis longtemps transformé en un gigantesque stérilisateur de toute forme de vitalité nationale. Afin de préserver, donc, ce soi-disant modèle, François Bayrou convoque deux solutions auxquelles il souhaite accorder son soutien : la natalité, et l’immigration.

Le document rédigé par les équipes de François Bayrou en 47 pages préconise donc la mise en place d’une « politique familiale qui permette aux Français d’avoir le nombre d’enfants qu’ils souhaitent » et un « assouplissement de la politique migratoire ». En la matière, on se demande ce qui peut bien encore être « assoupli »… Le tout en maintenant la cohésion nationale. La voix de son maître : le champion du Modem est naturellement un admirateur du même temps et de la conciliation impossible des contraires. Il se gardera bien de nous préciser comment il entend procéder pour atteindre son objectif, et est obligé de concéder une coquetterie de langage : l’apport migratoire n’est « pas une solution d’évidence », « d’abord parce que l’impact sur la démographie n’est pas immédiat et ensuite parce que cela présente des difficultés sociales et culturelles. » A l’aune de l’actualité de ces dernières semaines, nous pouvons dire que Monsieur Bayrou a le sens de la litote.

Cette précaution langagière est purement cosmétique. Inutile de préciser que dans la tête de nos gouvernants, la solution migratoire est et sera toujours davantage valorisée que la politique familiale, parce qu’elle n’est pas entachée des mêmes présupposés idéologiques : l’immigration est forcément positive, ouverte, accueillante, alors que la relance de la natalité a pour eux des relents de fascisme et de racisme. Il y a longtemps que « l’accueil de la vie » n’est plus considéré comme une valeur positive s’il s’agit de l’accueil d’une vie naissante. Au renouvellement des générations, il faut systématiquement préférer le remplacement des populations. Il y a quelques semaines, le Rassemblement national mettait en avant une autre voie possible, inspiré du modèle hongrois : la mise en place d’un prêt en faveur des jeunes couples, à hauteur de 100 00 euros, dont les échéances seraient repoussées à chaque enfant pour finir par être annulé au 3ème enfant. Nul doute que la caste lui reprochera son irréalisme économique. Mais où est l’irréalisme économique de la part de ceux qui dépensent des milliards chaque année pour panser les plaies d’une société perdue, sans âme, sombrant dans la violence et le nihilisme, composée d’individus rassemblés sur un territoire par le seul attrait des prestations sociales et sans idéal commun ? Une politique familiale ambitieuse est un investissement pour l’avenir. Le choix de l’immigration est un gouffre sans fond.

Constance Prazel

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