Victoire Maçon Dauxerre : « Les créateurs n’aiment pas les femmes, puisqu’ils rêvent de corps androgynes. »

Victoire Maçon Dauxerre : « Les créateurs n’aiment pas les femmes, puisqu’ils rêvent de corps androgynes. »

Victoire-Macon-dauxerreBauloise et ancien top model, elle raconte son combat contre l’anorexie dans un livre événement

L’ancien mannequin Victoire Maçon Dauxerre publie un témoignage poignant sur les diktats de la maigreur qui sévissent dans le monde de la haute couture. Victoire a vécu le rêve de beaucoup de jeunes filles : revêtir les plus belles créations et défiler pour les griffes les plus prestigieuses. Or,ce rêve est devenu un cauchemar et les critères drastiques imposés par son agence lui ont presque coûté la vie. Malgré sa taille de 1,78 mètre, son poids est descendu jusqu’à 47 kilos : « Pour les défilés, il faut entrer dans du 32-34 ». Victoire souligne que selon Karl Lagerfeld, un tailleur Chanel ne va pas à une femme qui a de la poitrine. Mais les femmes en ont par définition, alors, qu’il crée donc des tailleurs qui flattent les femmes… Le livre de Victoire Maçon Dauxerre est le grand succès de librairie de ce premier trimestre 2016. Dans son récit, elle évoque même ses vacances heureuses, chaque année plage Benoît à La Baule… 
« Jamais assez maigre. Journal d’un top model » de Victoire Maçon Dauxerre est publié aux Éditions Les Arènes.

Vous avez fait preuve de courage en révélant cette part d’intimité, car il n’est pas toujours facile de se livrer. D’abord, qu’est-ce qui vous a incitée à témoigner sur l’anorexie ? Victoire Maçon Dauxerre : Il était très douloureux et difficile de revenir sur cette année, étant donné que ma santé était en danger et que j’ai été traitée véritablement comme un objet, comme je le décris dans mon livre. Mais j’ai voulu le faire, parce que c’est une expérience qui date d’il y a cinq ans : maintenant, j’ai pu prendre un peu de recul, je suis comédienne et j’ai autre chose dans ma vie. J’ai essayé précédemment, mais je n’y suis pas parvenue parce que je me mettais à pleurer, c’était trop douloureux. Ce qui m’a aidée c’est lorsque le député Olivier Véran a proposé une loi en avril 2015 contre l’incitation à la maigreur dans le milieu de la mode. Ma mère lui avait envoyé un message de soutien, en expliquant que sa fille avait vécu cela et que c’était extrêmement douloureux. Du coup, ce député m’a contactée en me demandant de lui écrire une lettre qu’il lirait devant l’Assemblée afin d’appuyer son amendement. Suite à cela, j’ai été interviewée par plusieurs médias et j’ai été contactée par un éditeur, Jean-Baptiste Bourrat aux Arènes, qui m’a proposé d’écrire cette histoire en disant qu’il serait ravi de me publier. Évidemment, quand quelqu’un vient vous chercher, c’est quand même beaucoup plus simple. Je me suis dit que ce serait l’opportunité de révéler comment est ce monde, afin de prévenir toutes les jeunes filles et toutes les jeunes femmes qui rêvent de faire cela, qui se disent que telle fille est un idéal de beauté, qui rêvent de l’atteindre et qui tombent finalement dans les troubles alimentaires ou dans l’anorexie, parce que la mode incite à cela. Je voulais dénoncer cela et raconter la réalité de ce milieu pour protéger d’autres jeunes filles. Si j’avais lu un tel livre à dix-sept ans, je n’aurais jamais signé mon contrat chez Élite !

Vous soutenez la démarche du député Olivier Véran qui vise à imposer un certificat médical avant de faire travailler un mannequin. Mais ne risque-t-on pas d’entraîner ainsi une délocalisation du métier à l’étranger ? N’est-ce pas la pression populaire qui peut faire changer les choses ? Plus on en parle et mieux c’est, il faut bien un premier pas. Évidemment, il ne faut pas que cela entraîne une délocalisation de la mode. La Fashion Week de Paris se déroulera toujours à Paris, parce que nous avons Chanel, Dior ou Céline. Paris, c’est la haute couture, la France, c’est la mode. Cela fait partie de l’identité nationale. Cette loi sera valable si elle est appliquée sur le sol français : c’est-à-dire que toute personne travaillant sur le sol français doit voir un médecin et faire une visite médicale, avec un IMC (Indice de masse corporelle) compatible avec la pratique de ce métier, au-dessus de 18,5. Si c’est appliqué au sol français et si un médecin est en exercice avant les défilés, cela pourra changer les choses. Si c’est juste à l’embauche dans les agences, effectivement, plus aucune agence française ne travaillera et ce serait une catastrophe. Je vais rencontrer la ministre de la Santé et je lui ferai part de cela.

Ce qui est surprenant, c’est cette dictature qui vient du milieu de la mode, alors que l’on sait qu’aucun homme n’apprécie les femmes trop maigres… Heureusement, car ce n’est pas féminin…

Cela va donc à l’encontre même de nos souhaits, puisque l’on nous présente des femmes que l’on ne désire pas… Ce qui est terrible, c’est que cela rend finalement tout le monde malheureux, même si le mot est un peu fort. Cela ne fait pas rêver les hommes, et les femmes sont extrêmement complexées parce que toutes les jeunes filles, consciemment ou non, veulent s’identifier à cela. Évidemment, quand vous avez dix-sept ans, on vous explique que c’est l’idéal de beauté et vous voulez y répondre. Du coup, c’est la vision des créateurs qui doit changer. Malheureusement, les créateurs n’aiment pas les femmes, puisqu’ils rêvent de corps androgynes. Aujourd’hui, le corps doit totalement s’effacer derrière le vêtement et la femme n’a plus aucune identité propre, puisqu’elle est moins importante qu’un objet. C’est un porte-manteau ou un cintre, et elle ne doit plus avoir aucune forme féminine. Il n’y a plus aucune sexualité visible, il n’y a plus aucune forme de féminité ! Je trouve que c’est une réduction considérable de l’image de la femme. Au XXIe siècle, la femme ne peut pas s’épanouir dans le corps qui devrait être le sien.

Cette évolution quasi idéologique de la société vers l’androgyne, avec l’effacement du sexe, rappelle le débat sur la théorie du genre. On interdit même en Suède à des petits garçons de faire pipi debout, cela fait partie d’un mouvement général visant à gommer les sexes… Vous avez tout à fait raison, je pense que la mode, et la culture en général, reflète la société d’aujourd’hui. Cette idéologie montre bien que l’on va très mal. Je trouve qu’il est assez dommage d’effacer les sexes, parce que l’homme et la femme se complètent, et on est là chacun pour exister dans son corps. Il faut éviter les dérives, même si je trouve que c’est une bonne chose qu’une petite fille puisse porter un pantalon…

Généralement, les livres comme le vôtre restent confinés dans des milieux assez féminins. Or, c’est la première fois qu’un tel ouvrage est évoqué dans des émissions grand public et vous arrivez en tête des ventes. Il y a une étincelle qui fait que tout le monde s’intéresse à ce sujet… Je pense que tout le monde en a assez et il est temps d’en parler. Cela fait quand même une bonne dizaine d’années que cela dure et je trouve que c’est trop. Au-delà du mannequinat et de l’anorexie, c’est véritablement un sujet de santé publique et c’est quelque chose qui aurait dû être pris en compte par le ministère de la Santé depuis bien longtemps. C’est un problème qui touche tout le monde. J’ai créé une page Facebook et je reçois des centaines de messages de jeunes filles qui souffrent d’anorexie et qui me disent : « Merci d’en parler parce que je me reconnais dans ce que tu dis ». Il y a aussi les parents qui comprennent un peu mieux ce que ressent leur enfant. Il y a beaucoup de jeunes filles qui rêvent d’être mannequin et qui, en découvrant la réalité de ce milieu, se disent qu’elles ne vont pas mettre leur santé en danger juste pour cela… J’ai également beaucoup d’hommes qui me disent : « On en a marre de voir des sacs d’os partout et ma femme de 35, 40 ou 50 ans se compare à cela, elle se trouve trop grosse», cela crée un mal-être général dans la société. On en a marre aussi de cette hypocrisie : tous les mannequins postent sur les réseaux sociaux des photos d’elles en train de manger des hamburgers, tous les créateurs de mode disent que c’est la morphologie des mannequins et qu’elles sont en bonne santé… On en a marre d’être pris pour des idiots et que l’on nous raconte des choses stupides et fausses. Dans ce livre, je ne fais que dire la vérité. D’ailleurs, vous décrivez tout ce parcours où, de très loin, on occulte l’anorexie en estimant que la personne veut simplement rester mince… C’est une maladie que l’on peut très bien cacher. C’est une maladie du contrôle et de la manipulation, on peut facilement la cacher à ses proches. Comme je voyageais tout le temps, je n’étais jamais chez moi, mais on peut le demander à n’importe quel médecin : il répondra qu’il est impossible de faire 1,80 m et de rentrer dans une taille 32 tout en étant en bonne santé. Physiologiquement, ce n’est pas possible ! Ce qui est vicieux aussi, dans le monde de la mode, c’est qu’ils prennent des jeunes filles qui ont quinze ou seize ans. Effectivement, à ce moment-là, votre corps n’est pas encore formé. Vous pouvez avoir un IMC qui est à 17, en dessous de la moyenne de la bonne santé et, pourtant, être en bonne santé puisque vous êtes encore une enfant. On vous choisit à ce moment-là et les professionnels peuvent se défendre en disant : « C’est leur morphologie…» Mais à dix-huit ou dix-neuf ans, le corps évolue, les hanches s’élargissent, on a plus de poitrine,… C’est le passage à l’âge adulte où l’on devient une femme. La mode empêche cela en nous conditionnant à rester dans un corps androgyne, un corps de petite fille où il n’y a aucun épanouissement des formes et de la féminité. C’est ce qui crée la maladie et les troubles alimentaires. On peut manger, évidemment, mais il faut aller se faire vomir après, prendre des laxatifs ou prendre de la cocaïne parce que cela coupe la faim.

On est dans la maltraitance et dans une idéologie mortifère qui vise à détruire l’identité sexuelle. Vous livrez de nombreuses anecdotes sur le métier de mannequin : par exemple, une séance de photos en plein froid sous les ponts de Paris en sous-vêtements, où vous devez attendre en grelottant et personne ne se préoccupe de vous… Le mannequin est un objet… Le mannequin est un objet, c’est de la maltraitance ! La mode vise à magnifier la femme, mais elle ne fait que les maltraiter, que ce soit au niveau des mannequins ou des femmes dans la société qui reçoivent cet idéal. C’est pour cette raison que je reprends souvent la citation de Karl Lagerfeld qui dit que les femmes ne sont que des cintres : c’est exactement cela. On est embrigadé dans un système avec les agences qui nous disent : « Tu as une vie exceptionnelle, tu rencontres les plus grands photographes de mode… » Mais nous n’avons plus aucun esprit critique, plus aucun raisonnement… Donc, on se déshumanise totalement.

Et c’est de cette manière que « la salope » – le nom que vous donnez à la voix de l’anorexie – prend le dessus… Exactement. En signant chez Élite et en commençant un régime, j’ai enclenché tous les mécanismes de l’anorexie. Et quand on tombe dedans, c’est un enfer d’en sortir, parce que vous avez cette petite voix qui vous dit sans arrêt : « Arrête de manger, tu vas grossir… » C’est une petite musique intérieure incessante et, même si vous avez la voix de la raison au fond de vous, cette voix renchérit… C’est un combat intérieur, c’est une maladie mentale, c’est un véritable cauchemar. Cinq ans après, j’ai toujours des troubles alimentaires et c’est pour cette raison que j’ai écrit ce livre, pour dire à toutes les jeunes filles qu’elles ne doivent surtout pas entrer là-dedans parce que, ensuite, c’est l’enfer pour en sortir.

Vous évoquez les effets délétères de l’anorexie sur la peau, sur les dents, sur la mémoire et même le danger de mort. Pourtant, quelques années plus tard, on nous montre des anciens mannequins toujours par le bon côté des choses. Regardez Inès de la Fressange, par exemple… On nous explique qu’Unetelle est devenue James Bond girl, qu’une autre s’est mariée avec un milliardaire ou est devenue chef d’entreprise… Tout va bien et tout est caché… Oui, parce qu’il y a une omerta totale par rapport à cela. On n’a pas le droit d’en parler, c’est un sujet tabou dans le milieu, comme en dehors. Maintenant, sur Inès de la Fressange et les autres mannequins, c’était dans les années 80 : malgré tout, elles n’étaient pas encore dans ce système, elles avaient quand même plus de formes et une meilleure santé. Mais je me souviens des confidences d’Inès de la Fressange dans un magazine féminin, où elle racontait qu’elle avait souffert d’anorexie. Lorsque la loi est passée, elle a dit que c’était n’importe quoi, que c’était toujours sa nature. Mais elle dit cela parce que sa fille se lance dans le mannequinat… Vous savez, si vous voulez travailler dans ce métier, vous ne pouvez rien dire ! J’ai ce luxe et cette liberté de pouvoir m’exprimer, parce que je suis sortie de ce milieu et que je compte ne jamais y retourner de toute façon.

Vous continuez de subir les séquelles psychologiques et physiques de cette période… Oui. J’ai été hospitalisée pendant trois mois et j’avais de l’ostéoporose, un squelette de soixante -dix ans, que j’ai heureusement réussi à totalement reconstituer parce que je n’ai été anorexique que pendant huit mois. Mais j’avais perdu énormément de cheveux. J’ai dû les couper très court et faire des tonnes de soins. Ils recommencent seulement maintenant à repousser correctement. Ensuite, je n’avais plus mes règles. J’ai eu énormément de chance parce qu’elles sont revenues, alors que beaucoup de mes amies, qui ont été mannequins ou qui le sont encore, sont stériles à vingt-cinq ans… J’ai toujours des séquelles psychologiques, avec des problèmes atroces par rapport à la nourriture. J’ai une relation extrêmement conflictuelle avec la nourriture et tout est revenu en boomerang en écrivant le livre. J’ai pris sept kilos en écrivant le livre, parce que je me suis tellement replongée là-dedans, en y pensant toute la journée, et manger est quelque chose qui n’est plus naturel pour moi. : ce n’est qu’une réponse émotionnelle. Je suis angoissée ? Je suis contente ?Je suis stressée ? Je vais manger… Je trouve refuge dans la nourriture. J’alterne entre des périodes où je fais très attention, avec un contrôle obsessionnel, et des périodes où je laisse les choses totalement aller. J’essaie de réapprendre à manger trois repas sains par jour. J’ai suivi une psychothérapie pendant quatre ans, avec un psychiatre spécialiste des troubles alimentaires, et maintenant je fais de l’hypnose avec un nutritionniste. Ce qui me sauve vraiment, c’est d’avoir une passion : pour moi, c’est le théâtre et cela me permet de réconcilier le corps et l’esprit. Il y a une dissociation totale du corps et de l’esprit.

Ce qui est terrible, c’est l’état d’esprit ambiant. Prenons l’exemple du tabac : personne ne vous incitera à fumer un petit peu, donc fumer beaucoup est encore plus dangereux… Mais on a quand même conscience que le fait de fumer est risqué. Or, dans votre domaine, on est exhorté quotidiennement à maigrir. On entend souvent dire : « Tu devrais perdre un peu de poids » et l’anorexie constitue finalement un moyen extrême. Comment sensibiliser au danger de mort que peut représenter l’amaigrissement à outrance ? On est dans une société de l’image qui est terrible. Je me suis inscrite sur Facebook parce qu’il faut le faire, mais je trouve insupportable de poster des photos de soi sans arrêt, car on est dans un culte de l’image permanent : une image contrôlée, qui incite à la maigreur et qui crée des maladies. Encore une fois, on est tellement formaté que toutes les normes sont faussées. Aujourd’hui, on voit des mannequins maigres partout et tout le monde trouve cela normal. On ne voit même plus la maigreur. Maintenant, on dit d’une jeune femme mince qu’elle est ronde ! Tout est décalé, tout est faussé et il faut remettre tout cela à plat dans un système sain. Mais, pour cela, il faut changer les mentalités. D’abord, au niveau des créateurs, qui doivent arrêter de promouvoir un corps androgyne et maigre. Ensuite, au niveau de la société, qui doit arrêter de penser que la maigreur est belle pour revenir à une image saine du corps.

Mais la société ne pense pas que la maigreur est belle ! C’est vrai, vous avez raison pour les hommes. Mais beaucoup de femmes s’identifient à tout cela. À Paris, les Parisiennes sont toujours habillées en noir, elles sont très maigres, elles sont obsédées par la nourriture. Toutes les jeunes filles rêvent de ressembler à des mannequins. À quinze ans, vous construisez votre identité sur ce que l’on vous donne comme modèle et, au niveau de la gent féminine, la maigreur reste un modèle et un idéal à atteindre.

Alors, que faites-vous maintenant ? Je fais du théâtre. Je viens de terminer mes études à Londres, où j’ai vécu deux ans et demi en étant dans une école d’art dramatique. J’étais auparavant au cours Florent à Paris. Je ne travaille pas encore en tant que comédienne, puisque je viens de terminer mes études. Je suis à fond dans la promotion du livre, mais je cherche un agent, en France ou en Angleterre, pour pouvoir trouver de beaux rôles au théâtre ou au cinéma.

Enfin, vous évoquez La Baule dans votre livre… C’est mon coin de paradis ! Je viens à La Baule depuis que je suis toute petite. J’ai passé tous mes mois de juillet sur la plage Benoît avec mon grand-père maternel qui venait à La Baule depuis son enfance, c’est une longue tradition familiale. Malheureusement, mon grand-père est décédé il y a deux ans et je reviens toujours à La Baule en ayant le sentiment qu’il est là, autour de moi. C’est mon bol d’air, ce sont mes meilleures vacances et je ne pourrais pas ne pas y aller une seule année. Je me régénère là-bas ! D’ailleurs, en ce moment, La Baule me manque ! La plage Benoît est mon petit coin de paradis.

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