La sortie du nucléaire en France : plus un mythe qu’une réalité. Il y a quelques jours, la Commission européenne a estimé le coût de la fermeture des centrales nucléaires à 123 milliards d’euros (auxquels on ajoutera 130 milliards pour traiter les déchets nucléaires) pour les États membres de l’Union Européenne. Une facture salée pour l’Europe.

Mais au fait, sortir du nucléaire pour la France, ça implique quoi ? L’industrie nucléaire est pointée du doigt, perçue comme dangereuse (à juste titre) mais il convient de relativiser. Déjà, dans l’histoire de l’industrie, les accidents sont peu nombreux. Si un accident nucléaire se produit, il est dévastateur mais la probabilité d’occurrence de cet accident est plus faible qu’une centrale thermique. Un bénéfice/risque qu’il convient de prendre en compte. Dans les faits, la France reste relativement mieux protégée que les autres pays ayant recours à la technologie nucléaire : pas d’accident du type Tchernobyl et Fukushima à recenser. En partie grâce au travail de l’ASN (l’Autorité de Sureté Nucléaire) qui s’assure du respect des normes de sécurité au sein des centrales françaises.

Autre argument en faveur du nucléaire : les coûts de production de l’électricité compétitifs car plus faibles que ceux résultant des centrales thermiques (ou même des énergies renouvelables tels que le solaire et l’éolien). Produire son électricité grâce à l’uranium, c’est assurer un prix du KWh bas, qui permet à la France d’avoir les tarifs les plus faibles d’Europe (aussi bien pour les particuliers que pour les industriels). Produire son électricité grâce aux centrales thermiques ? Non car les coûts seraient plus élevés et le rejet de gaz à effet de serre augmenterait. Et grâce aux énergies vertes ? Diminution du bilan carbone certes mais à des coûts très élevés. Votre facture électrique prendra un sacré coup. Le nucléaire propose une électricité sans rejet de gaz à effet de serre à moindre de coût, de quoi joindre l’utile à l’agréable.

Ne négligeons pas non plus l’indépendance énergétique apportée par le nucléaire. Utiliser des hydrocarbures dans ses centrales thermiques, c’est exposer son pays aux aléas des risques géopolitiques. Un pays cesse ses exportations (comme ce fut le cas pour l’Iran en 1979) et ce sont les coûts de production de votre électricité qui s’envolent. Or le nucléaire permet de ne pas soumettre sa production énergétique aux aléas politiques et de marchés. Une forme de protectionnisme en fin de compte, en assurant une production en phase avec les enjeux environnementaux et tarifaires.

Notons également que les bas prix de l’électricité produite grâce au nucléaire permet un gain de compétitivité pour les industriels électro-intensifs (les industries sidérurgiques, papetières et cimentières pour n’en citer que quelques-unes) à l’heure ou cette question est prépondérante dans l’esprit de Bercy. Alors, citoyens français, soyons censés et réfléchissons rationnellement quant à notre cocktail énergétique.

 

Olivier PASQUIER