Quel avenir pour Les Républicains ?

Quel avenir pour Les Républicains ?

[Source : Le Salon Beige]

Après s’être divisés sur leur soutien à Emmanuel Macron, entre ceux qui, derrière François Fillon et François Baroin, ont appelé à voter pour le successeur de François Hollande, et ceux qui, comme Laurent Wauquiez ou Eric Ciotti ont refusé de donner une consigne de vote, Les Républicains doivent affronter les législatives… Face au Front National, ils risquent de rejouer le scénario de l’élection présidentielle : appeler ou non à voter pour le candidat qui se retrouvera face au candidat du FN au second tour.

Jean-Yves Camus, politologue et directeur de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès, estime :

« 33,9% est, symboliquement, un score qui n’est pas bon par rapport aux espérances du FN. Pour autant, un capital de plus de 10 millions de voix n’est pas négligeable. Cela représente le double par rapport à 2002. Le FN a réussi à s’imposer comme une force politique durablement implantée. Il va y avoir les législatives. On verra qui reprend le dessus, mais il existe un combat entre Les Républicains et le Front national qui s’ouvre. »

Un combat dans lequel la gauche sortira vainqueur. Et c’est pourquoi Jean-Yves Camus ajoute :

« À l’avenir, le FN réussira-t-il à s’insérer dans un système de coalition ou d’alliance ? C’est la question qu’il faut se poser. En même temps, cette implosion de la droite est promise depuis 2012 et l’échec de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, c’est acté avec le fait que François Fillon n’accède même pas au second tour de l’élection présidentielle. »

Cette implosion se manifeste par la danse des opportunistes, qui souhaitent clairement une victoire d’Emmanuel Macron, à commencer par Bruno Le Maire. Pourtant Jean-Pierre Raffarin ne souhaite pas qu’il soit exclu du parti :

«Moi je ne veux pas faire de procès aux gens. Je ne suis pas pour qu’on sanctionne ceux qui ont envie de travailler avec Emmanuel Macron».

Christian Estrosi, qui a également fait des avances au candidat d’En Marche, ajoute :

«Le premier mot dans ma famille politique, au lendemain de la victoire d’Emmanuel Macron, ça doit être “rassemblement”, ça ne devrait pas être “exclusion”».

Dans un tweet, le maire LR de Saint-Germain-en-Laye souhaite ainsi une victoire à Emmanuel Macron aux législatives :

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Jean-René Lecerf, le patron LR du département du Nord, écrit sur son compte Twitter :

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Voilà de quoi continuer à semer la confusion au sein de l’électorat LR. Or, on ne peut pas à la fois assumer une ligne politique de droite et l’appel à voter Emmanuel Macron ou l’un de ses soutiens socialistes. Xavier Bertrand avait été cité par Emmanuel Macron comme une possible figure de son exécutif. C’est certainement faux, mais cela permet de semer la confusion à droite. Nous avions vu que Emmanuel Macron n’a pas caché son désir de voir LR exploser. Si LR refuse de voir le jeu que la gauche n’a pas cessé de jouer depuis les turpitudes médiatiques qui ont eu la peau de François Fillon, elle risque de vivre une seconde défaite cuisante.

Que Bruno Le Maire rejoigne Emmanuel Macron devrait nous réjouir : cela éclaircit le débat à droite et l’on souhaite que l’ensemble des gauchistes LR (à commencer par NKM, qui a récupéré la circonscription en or de François Fillon) en fasse de même. Mais c’est à LR de clarifier son positionnement : on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment.

Au 1er tour de la présidentielle, Marine Le Pen est arrivée en tête dans 216 circonscriptions législatives. Même si elle peut souffrir d’un reflux en juin, suite à sa défaite d’hier, elle fera concurrence aux candidats LR. Au second tour, Marine Le Pen est arrivée en tête dans 44 circonscriptions législatives de la France métropolitaine et 40% à 50% des voix dans 145 autres circonscriptions, autant d’opportunités en cas de triangulaires. De quoi réussir à avoir un groupe parlementaire et à priver d’autant d’élus Les Républicains.

Acculés entre les partisans d’un ralliement à Emmanuel Macron et le FN, Les Républicains voient leur espace politique considérablement réduit. Ceux qui, avec Nicolas Sarkozy, avaient cru en la disparition du FN, en sont aujourd’hui pour leur frais. Ils continuent à payer l’ouverture à gauche, les promesses oubliées sur l’immigration, l’identité et la sécurité, mais aussi le flou entretenu par François Fillon, faisant le grand écart entre l’UDI et Sens Commun. Il est illusoire de rêver à une disparition du FN pour positionner LR à droite. Si LR ne souhaite pas laisser les mains libres à la gauche durant 5 années, il n’a plus beaucoup de marge de manoeuvre :

  • Il lui faut rassurer les électeurs (qui avaient clairement choisi la ligne Fillon face à celle de Juppé) et donc rejeter vers la gauche ses membres qui ne sont pas sur une ligne clairement à droite sur les thèmes de l’immigration, de l’islam, de l’identité…
  • Briser le piège dans lequel la gauche l’a enfermée et suivre l’exemple de Nicolas Dupont-Aignan en passant des accords locaux avec le FN, dans les circonscriptions qui pourraient être gagnées par la gauche. Cette hypothèse me paraît actuellement totalement utopique sur le plan national, mais crédible au cas par cas. En effet, Marine Le Pen a enregistré plusieurs ralliements isolés, comme celui de l’ancienne ministre du Logement de Nicolas Sarkozy, Christine Boutin ou Christian Vanneste. Plusieurs ténors des Républicains, comme Laurent Wauquiez, Eric Ciotti, Nadine Morano, Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq ou Henri Guaino, ont refusé d’appeler à voter Macron pour faire barrage au FN. Au sein du FN, Philippe Olivier, proche conseiller de Marine Le Pen, s’en réjoui :

« C’est une révolution interne, cela montre que le FN est un parti capable d’avoir des alliés et pas seulement des ralliés, on a démarginalisé le FN, on l’a fait rentrer dans la Ve république. » « Je crois en la décomposition des Républicains. Si des députés LR rejoignent Macron, Nicolas Dupont-Aignan va pouvoir recueillir les députés qui choisissent l’opposition. »

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