Les Républicains : la chute et la mort ?

Les Républicains : la chute et la mort ?

Les Républicains, héritiers du RPR puis de l’UMP, viennent de connaître leur pire défaite électorale : par rapport aux sondages précédant l’élection, ils ont vécu une véritable Bérézina, et par rapport à leurs scores électoraux précédants, ils ont vécu un véritable Waterloo. Que s’est-il donc passé ?

 

Depuis des dizaines d’années, les RPR–UMP–LR ont développé une stratégie qui a longtemps marché : nous disons ce que les Français ont envie d’entendre, et faisons le contraire de ce que nous avons dit. L’exemple le plus caricatural et le plus connu est celui de la forfaiture de Sarkozy, déclarant, pendant sa campagne présidentielle de 2007, la main sur le cœur, que la France devait rester une nation souveraine, et faisant voter en catimini, à peine élu, une sorte de constitution européenne centralisée, technocratique, antidémocratique, annulant ainsi le référendum de 2005, par lequel les Français avaient rejeté la dite constitution. Il fallait oser, Sarkozy l’a fait ! L’exemple le plus récent concerne une déclaration à la télévision de Bellamy, tête de liste LR, affirmant avec bravitude que le pacte de Marrakech n’était pas acceptable, puis se murant  dans un silence assourdissant lorsque les députés européens LR votèrent, quelques jours plus tard, à l’unanimité moins une voix, un texte avalisant totalement ce dramatique pacte de Marrakech.

Les Français ont été bernés pendant des années, mais se sont brutalement réveillés en 2019. Ils ont soudain compris que l’on ne peut dire tout et le contraire de tout, dire tout et faire le contraire de ce que l’on dit, ne rien dire et faire en catimini, et souvent ne rien dire et ne rien faire pour couronner le tout… La leçon infligée aux Républicains dépasse tout ce que l’on pouvait imaginer : comment ceux-ci peuvent-ils s’en sortir ?

Pour eux-mêmes et pour la France, leur mort serait une bonne nouvelle. Afin que les hommes politiques qui composent ce parti redeviennent des personnalités libres et authentiques, il suffit tout simplement :

* que l’aile gauche du parti, macroniste de cœur, rejoigne la macronie dans la joie et la bonne humeur : elle se mettra dans le sillage des nombreux républicains qui ont quitté le navire au profit de la République en marche, et dont certains sont devenus ministres ;

* que son aile droite rejoigne une grande coalition d’authentiques conservateurs : elle se mettra dans le sillage de nombreux républicains qui ont quitté le navire pour rejoindre le Rassemblement national, Debout la France ou tel autre parti de la véritable droite.

Cela dit, les déclarations catastrophiques des dirigeants républicains, le soir de l’élection, laissent augurer le pire des scénarios. Laurent Wauquiez a manifesté son génie politique en expliquant que la reconstruction de son parti devait passer par une alliance du centre et de la droite, en clair par une sorte de macronisme de bon aloi : une telle stratégie est la chronique annoncée du prochain désastre électoral de son parti. Il a également manifesté son bon goût en exprimant un mépris absolu pour le Rassemblement national, qualifié d’acteur de chaos. Dans le genre « je méprise le quart des électeurs », il rejoint avec bonheur les positions stupides de Sarkozy sur ce thème, qui lui ont valu d’être éjecté du système politique.

Pour les Républicains comme pour la France, il semble donc nécessaire que meurent les Républicains, et que naisse une union des droites, fondée sur un programme national de maîtrise de l’immigration, de l’islamisation, des déficits publics ; de réhabilitation de l’éducation nationale, du service de santé, des services publics en général ; d’actions en faveur de la baisse du chômage, de la réindustrialisation de la France, et tant d’autres choses encore.

Une telle union des droites devra dire ce qu’elle fait, faire ce qu’elle dit, ne rien faire qui n’ait été dit. Vaste programme, dira-t-on, qui a largement le temps de se mettre en route avant les élections présidentielles de 2022, et dont dépend notre avenir commun.

 François Billot de Lochner

 

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