La fille aînée de l’Eglise entre en ramadan

La fille aînée de l’Eglise entre en ramadan

Si vous l’ignoriez, il serait temps de retenir cette information paraît-il capitale : le ramadan a commencé le 5 mai dernier. La France, fille aînée de l’Eglise, se met donc à l’heure de l’islam à grands renforts de communication publique.

Sans parler de Radio Orient, vous avez la chance de pouvoir vous renseigner sur les horaires de jeûne au jour le jour en vous connectant tout simplement sur le site de France-SoirLCI ou Le Monde relaient à leur tour l’information. CNews vous explique ce qui est péché, et ce qui ne l’est pas. Nous guettons bien sûr avec impatience l’édition spéciale Carême 2020 qui viendra nous rappeler les commandements de l’Eglise.

Pendant un gros mois, nous aurons le plaisir de contempler, sur les murs du métro parisien, diverses publicités vantant les saveurs d’une semoule à déguster en famille à la rupture du jeûne, ou une offre de forfait téléphonique « spéciale soirée », à destination, au hasard, du Maroc, de l’Algérie ou de la Tunisie. Un entrepreneur de bâtiment vous explique, dans votre cage d’escalier en cours de ravalement, que le chantier va fonctionner au ralenti pour les prochaines semaines parce que, « vous comprenez, c’est ramadan. »

A l’heure où certains sèchent leurs larmes à la suite de l’incendie de Notre-Dame, voilà autant de signes qui nous montrent qu’une partie de la population, française nous dit-on, suit son propre calendrier et ses propres règles, avec un désintérêt tout à fait certain, voire une hostilité pour les « délires de petits blancs. » Rappelons-nous ces propos de Charles de Foucauld, écrits en 1917 : « Dans cette foi, le musulman regarde l’islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s’il est soumis à une nation non musulmane, c’est une épreuve passagère ; sa foi l’assure qu’il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l’engage à subir avec calme son épreuve. »

Dans le monde du tout économique, il est interdit de s’en offusquer. Si le ramadan s’étale ainsi, c’est qu’il y a un marché, voyez-vous. Excuse suprême pour le renoncement culturel. Abbas Bendali, directeur de l’agence de « marketing ethnique » (oui, cela existe !) Solis Conseil se confie au Parisien : il se réjouit de l’émergence d’une « clientèle jeune, de couples de moins de 40 ans qui sont nés et ont grandi en France », qui recherche de l’alimentaire, des pèlerinages, mais aussi du tourisme halal. Le bienheureux Charles de Foucauld annonçait déjà cette évolution : « une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l’esprit ni le cœur français. » Aujourd’hui, c’est ce qu’on appelle une assimilation réussie : ces clients veulent du halal, mais « de qualité », du « bio » et du « made in France ». Nous voilà rassurés.

Puisque l’on parle de chiffres, certains sont hélas bien tristes et suffisent à tout expliquer : on compte aujourd’hui 1 à 2 % de catholiques pratiquants réguliers. Le pourcentage de pratiquants grimpe à 40 % chez les musulmans (3,5 millions sur 8,5 millions selon les chiffres de Jean-Paul Gourévitch en 2017). Que répondre face à cette réalité implacable ? Les catholiques pratiquants, combien de divisions, pour paraphraser Staline ? Récemment, lors de son voyage en Bulgarie, le pape François appelait à lutter contre les effets délétères de l’hiver démographique engourdissant l’Europe orientale en ouvrant tout grand la porte aux étrangers. Enthousiasme limité dans l’assistance : les Bulgares ont déjà goûté à la présence ottomane pendant un certain nombre de siècles, et il n’est pas sûr qu’ils veuillent renouveler l’expérience. Nous n’irons certes pas leur jeter la pierre. Ici, en France, en attendant, la réalité d’un quotidien transformé s’impose à nous, à mesure que notre foi s’amenuise et que l’idée-même de mission est regardée avec méfiance, et est affublée du nom de colonisation ou de prosélytisme, y compris par la hiérarchie ecclésiale. Puissions-nous, à l’image de l’ermite du désert, retrouver la flamme et le désir de la conversion des musulmans, seule voie pour une véritable fraternité !

Constance Prazel

 

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