Je christianophobe, donc je suis

Je christianophobe, donc je suis

A quelques jours de Noël, la ville de Toulouse a été le théâtre d’une affligeante manifestation, destinée à empêcher la tenue d’une crèche vivante incarnée par de jeunes enfants. Au cri de « Stop les fachos », une cinquantaine d’activistes ont tenté d’empêcher la représentation de la Nativité de Notre-Seigneur, avec un certain succès, puisque chorales et petits acteurs ont dû plier bagages et costumes plus tôt que prévu.

Une immense tristesse ne peut que nous saisir à la lecture de ce qui est plus qu’un fait divers : la manifestation d’un repli, d’une défaite, d’une renonciation à ce qui devrait être une évidence, l’affirmation joyeuse de notre identité chrétienne, d’une belle tradition enracinée dans le Sud, et surtout, de la présence du Christ irradiante d’humilité au milieu de tous.

Les réactions officielles ont été globalement très timides, comme s’il était devenu trop compliqué, trop risqué d’affirmer sereinement, simplement mais fermement, l’essentiel.

A travers cet épisode funeste qui vient teinter de gris la lumière de Noël, c’est la question du rayonnement de la foi, de la mission qui est posée : est-il encore possible, aujourd’hui, en France, de rappeler à nos concitoyens et de garder vivant, y compris sous les traits bien innocents d’une crèche enfantine, le trésor de notre chrétienté ? Rien n’est moins sûr. Les raisons de cette situation critique sont bien connues, et ne doivent pas être un mystère. Le « fait religieux », expression pudique  et politiquement correcte, fleurant bon la sociologie, est venu remplacer la foi, et doit être parqué dans des limites toujours plus étroites, et cela, non parce qu’il faudrait répondre à un catholicisme outrageusement militant, mais parce que l’espace public est peu à peu grignoté et conquis par un phénomène qui, lui, n’entend pas se laisser enfermer, à savoir l’islam. Le mal n’est pas nommé, toujours évité, noyé dans des considérations langagières généralisatrices, et permet de jeter l’opprobre, de manière privilégiée, sur la foi catholique transmise par les siècles, au nom du combat pour une « laïcité » à deux vitesses. Le danger vient de ce que nous avons tendance à toujours plus intérioriser ce conditionnement, qui devrait s’appliquer à une autre croyance, qui, elle, s’en soucie bien peu, et prospère devant notre mutisme.

Aujourd’hui, nous sommes assaillis par un mal à deux facettes, une déchristianisation croissante qui vire à l’agressivité anti-catholique, et une islamisation en profondeur de notre pays, l’une se nourrissant de l’autre. Ce sont  des réalités du quotidien qui font de la France, chaque jour un peu plus, une « terre de mission ». Mission pour les musulmans eux-mêmes, à qui nous ne devons pas cesser de proposer la voie de la conversion au Christ, et mission pour ceux qui furent chrétiens, afin qu’ils redécouvrent et assument le legs magnifique de la chrétienté, suprême richesse et ultime recours à opposer à l’abstraction mortifère du laïcisme et à l’islam conquérant.

Constance Prazel

Rédactrice en chef de la revue Liberté politique

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