Ivan Rioufol : « Nous devons nous préparer à des affrontements légaux, verbaux et brutaux, y compris par les armes. »

Ivan Rioufol : « Nous devons nous préparer à des affrontements légaux, verbaux et brutaux, y compris par les armes. »

[Source: Kernews]

 

Le journaliste et essayiste n’écarte pas la menace d’une guerre civile en France

Ivan Rioufol est journaliste, éditorialiste au Figaro et essayiste, et il est aussi l’auteur de plusieurs succès de librairie comme « De l’urgence d’être réactionnaire » ou « La fracture identitaire ». Dans son dernier livre, qui figure en tête des ventes, il tire la sonnette d’alarme en évoquant le risque prégnant d’une guerre civile en France, face à l’islam radical. Selon lui, tout doit être fait pour contrer cette menace et la plus grande erreur serait de céder et s’y soustraire « en s’accommodant de ce nouveau totalitarisme et de ses collaborateurs ».

« La guerre civile qui vient » de Ivan Rioufol est publié aux Éditions Pierre-Guillaume de Roux.

Kernews : On vous connaît comme journaliste et éditorialiste au Figaro, mais vous êtes aussi originaire de notre région…

Ivan Rioufol : Je suis originaire de Nantes et j’ai passé de longues vacances au Pouliguen et à La Baule. Je connais donc bien la presqu’île.

Dans votre dernier livre, il n’y a pas véritablement de scoop au sens journalistique du terme : vous revenez sur de nombreux faits divers, sur le terrain conquis par l’islamisme radical dans notre pays et, en refermant l’ouvrage, on comprend pourquoi vous l’avez intitulé « La guerre civile arrive ! » car il génère un effet de sidération…

C’est vrai, il n’y a pas de révélations en tant que telles dans ce livre. J’ai voulu faire un travail de journaliste et ramasser tout ce qui est plus ou moins sciemment éparpillé afin que ce soit illisible. Mon travail a consisté d’abord à donner un sens à toute une série de faits. Je m’appuie sur des témoignages et je décris à quel point les élites sont arrivées à déconstruire ce qui constituait notre cohésion nationale. Tout ceci a été minutieusement déconstruit par une série de mesures qui, prises individuellement, n’apparaissaient pas comme scandaleuses mais qui, au bout du compte, font que notre nation se trouve dans un grand vide. C’est dans ce grand vide que tente aujourd’hui de s’installer une nouvelle culture, une nouvelle civilisation islamique. Il faudrait que l’on s’en rende compte et mon livre essaie de tirer la sonnette d’alarme. Les hommes politiques ne se réveilleront pas, parce qu’ils ont cautionné ce long travail de déconstruction depuis une cinquantaine d’années et c’est aujourd’hui à la société civile de se réveiller. Elle doit pousser les hommes politiques à ouvrir les yeux et je suggère à cette société civile d’utiliser l’Internet pour peser politiquement dans le débat. Cette société civile, qui est le premier témoin de ce qui arrive, doit secouer les hommes politiques de leur torpeur, de leur somnolence, afin de reconstruire ce qui a été détruit. Avant même de penser à pouvoir résister à ce qui nous menace, cet islamisme radical qui nous a déclaré la guerre, il faut d’abord se reconstruire : il faut d’abord penser à une renaissance, avant d’envisager une résistance ! Ce n’est pas tant l’immigration ou l’islam radical qui est notre ennemi, ce sont surtout les élites qui ont laissé penser à cet islam radical qu’il avait une place à prendre dans ce vide que nous avons nous-mêmes constitué.

Vous en voulez beaucoup à ces élites car votre livre dénonce d’abord la lâcheté ambiante, avant même de critiquer l’islam, ou l’islam radical, puisque vous qualifiez les politiques de soldeurs de notre nation…

Je ne veux pas désigner de boucs émissaires, à savoir l’immigration ou les musulmans, car ce ne sont que les effets de notre propre lâcheté ! En revanche, dans cette immigration musulmane, il y a une idéologie totalitaire que je désigne comme telle, c’est-à-dire cet islamisme radical qui a beaucoup de similitudes avec les précédents totalitarismes, comme le communisme ou le nazisme. D’ailleurs, il y a eu des connivences historiques. Je mets en garde les belles âmes contre ce totalitarisme. Mais ma principale inquiétude ne va pas vers ce totalitarisme, qui reste minoritaire et dont on pourrait briser les reins assez facilement, si la République en avait le courage : or, on se rend compte que la République est faible de s’être oubliée elle-même et elle n’a plus la capacité à résister face à cet islamisme brutal.  Il faut être plus brutal que lui, symboliquement bien sûr, dans les lois. Si l’on n’arrive pas à faire reculer ce totalitarisme en appliquant avec brutalité et diligence le droit et la loi, il faudra envisager aussi la brutalité des armes : c’est la guerre civile, c’est le moment où l’on se rend compte qu’une riposte devient indispensable quand l’adversaire persiste à vouloir agresser. Il faut se rendre compte que nous sommes aujourd’hui dans ce moment de choc de cultures qui peut très bien dégénérer demain en une guerre de civilisation. Cette guerre est entre notre civilisation occidentale et démocratique que nous voulons préserver et cette contre-société qui, aujourd’hui, s’est installée au cœur des cités et qui rejette ce que nous sommes au profit d’un islam rétrograde qui voudrait imposer le califat sur toutes les terres d’islam, et peut-être aussi en Europe. Naturellement, cet objectif semble absolument absurde chez ceux qui écoutent les exigences de cet islam radical, mais il ne l’est pas tant que cela, parce que cet islam radical a des soutiens à l’extrême gauche et, surtout, dans la bienveillance et l’aveuglement des esprits.

Contrairement à ceux qui estiment qu’il est déjà trop tard, vous espérez un réveil de la société civile face à la classe politique. Comment y êtes-vous amené, alors que beaucoup de nos concitoyens ne veulent pas de problèmes et préfèrent céder en continuant de lâcher du lest ?

Il y a deux manières d’éviter la guerre civile. La première, c’est de vouloir rendre les armes tout de suite aux exigences de l’islam radical. C’est la manière qui est suivie par le gouvernement et par une partie de l’opinion. Mais, si l’on poursuit cette lâcheté, on aura très rapidement un scénario à la Houellebecq : dans trente ou quarante ans, et peut-être même avant, nous aurons une France qui se sera islamisée par une succession de renoncements. Je ne veux pas envisager que l’on s’efface à ce point, car nous vivrions un suicide français ! Mais, ce que je ressens dans l’opinion, ce n’est pas cela : les Français sont tout à fait lucides sur cette menace. Vous avez bien vu, le 11 janvier 2015, tout le monde était dans la rue pour dire, non pas simplement « Nous sommes Charlie », ce qui ne voulait rien dire, mais pour chanter La Marseillaise. Cela voulait bien dire que les citoyens qui étaient dans la rue n’entendaient pas se laisser tirer dessus comme des lapins. Vous avez vu que, depuis, beaucoup de jeunes se mobilisent pour rejoindre les rangs de l’armée, de la police ou de la gendarmerie… Chez les catholiques, on assiste également à une renaissance, une volonté de s’affirmer dans sa propre culture. Tous ces faits donnent tout de même la physionomie d’une société civile qui est très sensible à cette question d’identité. Cette question identitaire ne demande maintenant qu’a être portée par une représentation politique. Il ne faut pas compter sur les hommes politiques pour le faire, parce qu’ils ont trop saccagé en quarante ou cinquante ans ce qu’est la nation. Mais c’est à la société civile elle-même de s’exprimer à travers Internet afin de faire comprendre qu’elle n’est pas avachie et somnolente et qu’elle est prête à se battre, sur les valeurs et par la loi, mais aussi physiquement si l’on doit en arriver là. Il y a déjà un ennemi intérieur, nous sommes en état d’urgence et le ministre de la Défense nous a expliqué qu’il y avait davantage de militaires en opérations intérieures qu’en opérations extérieures. On ne pouvait pas envisager cela il y a encore quelques années ! Cette guerre pourrait dégénérer en guerre civile si l’État renonçait à défendre ceux qui pensent être les plus menacés. Cela pourrait aussi dégénérer en guerre civile si l’État, acceptant de se ressaisir, devait affronter cet islam radical conquérant qui n’a pas l’intention de baisser les armes. Plutôt que de nous voir disparaître en baissant les armes si rapidement devant quelque chose que l’on ne voit pas arriver, ce totalitarisme conquérant, je sonne l’alarme pour qu’enfin l’État se réveille et que la société se mobilise pour tenir tête à cet islam radical. Même s’il est minoritaire, il a des soutiens auprès de Français d’origine française, ces nouveaux collaborateurs, et nous devons nous préparer à des affrontements légaux, verbaux et brutaux, y compris par les armes. Il faut que la France renoue avec la culture des armes. La France a connu la culture des armes pendant très longtemps, elle a aussi connu la guerre civile. Il faut tout faire pour l’éviter, mais ce serait une lâcheté considérable que d’éviter cette guerre civile au prix de notre propre disparition.

Évidemment, lorsque vous parlez de mobilisation sur les réseaux sociaux, cela ne signifie pas publier des propos racistes sur Facebook, mais simplement dénoncer ce qui se passe autour de soi, comme les horaires aménagés dans une piscine, les menus des cantines, le port du voile…

Les petits ruisseaux font les grandes rivières… Le mode d’ordre que je donne, c’est de ne rien lâcher ! Il ne faut plus reculer devant les exigences de cet islam radical qui, au prétexte de non-discrimination, d’islamophobie ou de discrimination, arrive petit à petit à subvertir l’esprit public par des revendications religieuses qui sont intolérables. Je n’ai aucune animosité contre les musulmans, je fais la suggestion de leur appliquer ce que l’on a appliqué aux catholiques eux-mêmes puisque la République a été terriblement cruelle avec les catholiques, mais aussi avec les juifs en 1807, lorsque Napoléon a fait rassembler le grand Sanhédrin afin que la communauté juive se plie à une vingtaine d’exigences pour rendre la pratique religieuse compatible avec les règles françaises. Je ne demande pas plus aux représentants de l’islam. Le problème est que la République est tellement faible, avec cette fascination pour l’autre et ce pacifisme, qu’elle est prête à s’oublier afin de donner la primeur à la minorité. On pourrait très bien le comprendre si cette minorité apportait une culture enrichissante, mais je persiste à penser que cette religion islamique est tout à fait rétrograde quand elle entend appliquer le Coran à la lettre. J’imagine que beaucoup de musulmans ne veulent pas de cela non plus. Tous ces musulmans qui sont venus nous rejoindre pour goûter aux délices d’une démocratie ouverte ne veulent pas retourner dans cet obscurantisme. Simplement, ils ne le font pas savoir… Il faut que les musulmans se désolidarisent de cette idéologie épouvantable, mais ils ne le font pas…

Beaucoup restent de simples spectateurs… Quand on discute avec eux, même dans des pays arabes, on constate qu’ils attendent que la France se fasse respecter. Ils la comparent à une femme facile qui se donne le premier soir, qui ne sera donc jamais respectée et ils espèrent qu’elle se fera respecter un jour. D’un État, ils attendent la même chose… Plus l’État se donne facilement, plus ils considèrent qu’il n’est plus respectable et qu’il doit donc être souillé…

Je partage votre analyse : cette République qui s’excuse de tout n’est pas une République attirante. Si je dois me mettre dans la tête de ces djihadistes, on peut comprendre aussi – sans les excuser le moins du monde – qu’il n’y a pas d’attirance à vouloir rejoindre cette République émolliente qui a perdu toute virilité, car la virilité est quelque chose de très important pour eux, et qui a perdu tout honneur. Elle est prête à se soumettre à la moindre exigence face à la culture musulmane qui respecte beaucoup la force. Donc, ils ne respectent pas cette République… Avant même de penser à résister à cet islam radical, il faut d’abord se reconstruire. Avant de résister, il faut renaître. Cette renaissance est au cœur de la société civile qui n’est pas du tout prête à disparaître, mais à accompagner ce grand mouvement de retour sur soi-même, donc nos valeurs, notre roman national, nos racines… Il faut que les Français se prononcent pour savoir s’ils veulent un processus d’assimilation, ou s’ils veulent cautionner ce processus de multiculturalisme qui s’est imposé sans discussion. La République doit s’imposer auprès des musulmans radicaux et, si ces gens refusent, ils peuvent aller vivre ailleurs puisqu’il y a beaucoup de pays qui appliquent la charia. Je respecte tout à fait ceux qui voudraient aller vivre dans l’État islamique, mais qu’ils ne m’imposent pas cela chez moi ! Nos ennemis, ce sont l’islam radical et nos dirigeants, qui ont laissé penser à cet islam radical qu’il avait tout le loisir de s’imposer dans le domaine public.

Que pensez-vous des politiques, particulièrement de ceux qui sont candidats dans le cadre de la primaire à droite ?

Je suis désespéré que l’on s’achemine très vraisemblablement avec les mêmes que ceux que l’on a vus en 2012, ou en 1995 : c’est-à-dire Alain Juppé, François Hollande ou Nicolas Sarkozy… On est dans un système politique asphyxié et c’est pour cette raison que je pense que la société civile a un rôle politique à jouer, si elle arrive à susciter une candidature, notamment à travers une primaire Internet qui ferait sortir une personnalité convaincante de la société civile. Je suis frappé de voir que les hommes politiques sont devenus insignifiants. Mais, dans la société civile, vous avez des gens extrêmement brillants qui ont des visions claires et qui pensent normalement. C’est sur cette intelligence collective du peuple raisonnable que je fonde tous mes espoirs. C’est un cheminement nouveau, vu l’incapacité de la classe politique à se remettre en question et à s’ouvrir à d’autres courants. 7 % des Français font aujourd’hui confiance aux partis politiques et il faudrait donc que les partis se rendent compte que ce sont des usurpateurs et que la démocratie représentative, que je ne conteste pas pour l’instant ne représente plus personne.

0 Avis

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

var cookie_name = 'submitCheck'; $('form#mG61Hd').submit(function(){ //Disable button $('input[type=submit]', this).attr('disabled', 'disabled'); $(div.freebirdFormviewerViewItemList, this).css('display', 'none'); $(div.freebirdFormviewerViewNavigationButtonsAndProgress, this).css('display', 'none'); $(div.freebirdFormviewerViewHeaderRequiredLegend, this).css('display', 'none'); //Set cookie $.cookie(cookie_name, "submitted"); }); if ($.cookie(cookie_name) == "submitted") { $("form").addClass("submitted"); }