Hervé Mariton (LR) : « je suis favorable au droit du sang »

Hervé Mariton (LR) : « je suis favorable au droit du sang »

 [Source: Breizh Info]

Ce mercredi 8 juin, Hervé Mariton, député-maire UMP/LR de Crest (Drôme) et candidat à la primaire des candidats de la droite et du centre à la présidentielle de 2017, était à Nantes pour une rencontre-débat animée notamment par les réseaux militants de Sens Commun. Ce réseau, qui entend représenter les catholiques issus de la Manif pour Tous, bien qu’il lui arrive parfois de défendre les valeurs de la famille sans grande conviction comme l’ont montré ses votes successifs au sein du conseil régional des Pays de Loire où il est représenté, a en effet choisi de soutenir le maire de la ville drômoise de Crest.

Ancien de l’UDF puis de l’UMP, celui qui est maire depuis 1995 et député de 1993 à 1997, puis depuis 2002, est aussi père de quatre enfants qu’il a élevé avec sa femme dans la religion catholique. Polytechnicien puis ingénieur du corps des Mines, russophone et russophile, Hervé Mariton se définissait en 2006 comme « libéral et pragmatique ». Il était proche de Charles Millon dans les années 1990, de Villepin en 2006, avant de se rallier à Sarkozy en 2007 – dans l’optique de la présidentielle – puis de rouler pour ses propres couleurs à partir de 2013. Éphémère ministre de l’Outre-mer, de mars à mai 2007, celui qui espère toujours peser sur le débat national, voire avoir une stature de ministrable, est candidat à la primaire de la droite et du centre depuis septembre 2015. Nous l’avons rencontré à Nantes.

Breizh Info : Hervé Mariton. Vous êtes à Nantes pour rencontrer les militants de la droite et du centre, mais pas seulement ?

Hervé Mariton : Pas seulement, en effet. De 14 h à 17 h j’étais à DCNS Indret avec Matthieu Annereau [chef de file de la droite à Saint-Herblain, militant UMP depuis 2009, non-voyant, NDLR] et Sébastien Pilard [chef national du mouvement Sens Commun, conseiller régional des Pays de Loire, entrepreneur au sein d’une grosse PME, délégué national UMP/LR, nantais et père de 6 enfants, NDLR]. Découvrir une grosse entreprise du tissu industriel local est très intéressant.

Breizh Info : Comment évolue votre candidature aux primaires de la droite et du centre ?C

Hervé Mariton : Je suis toujours candidat. Il faut 250 parrainages d’élus locaux pour participer, je ne les ai pas tous, mais ça avance bien. Il y en a en Bretagne historique, mais je ne les divulguerai pas compte tenu des pressions exercées par certains.

Breizh Info : Vous intervenez contre la simplification du divorce envisagée par le gouvernement. Pourquoi ?

Hervé Mariton : Aujourd’hui, le temps moyen pour divorcer, c’est trois mois. Faut-il vraiment simplifier ? J’interviens contre l’ubérisation du divorce. Se passer du juge lèsera le plus faible, et en l’occurrence ce sont souvent les enfants. Le rôle naturel du juge, c’est de régler les situations difficiles et de protéger les parties qui sont en situation de faiblesse. Il est nécessaire dans le divorce.

Breizh Info : Le problème ne serait pas plus vaste ?

Hervé Mariton : Dans notre pays, la déprime morale se conjugue avec une dépression économique. Un tel texte ajoute à la déprime morale, en effet.

Breizh Info : Que proposez vous pour y remédier ?

Hervé Mariton : Transmettre un socle de valeurs et libérer l’action.

Breizh Info : comment cela ?

Hervé Mariton : Pour les valeurs, je suis favorable au droit du sang, enrichi par la naturalisation fluide de personnes assimilées.

Breizh Info : c’est à dire ?

Hervé Mariton : C’est à dire qu’on peut naturaliser des immigrés qui ont montré leur adhésion aux valeurs françaises.

Breizh Info : en étant francophones ?

Hervé Mariton : Entre autres. Ne pas avoir maille à partir avec la justice, c’est aussi un critère. Je remarque que ce droit du sang est soutenu par 62% des sympathisants de la droite et du centre.

Breizh Info : Et pour l’action ?

Hervé Mariton : Une réforme fiscale. Je plaide pour l’impôt universel et proportionnel, une idée qui est soutenue par 70% des sympathisants de la droite et du centre.

Breizh Info : Concrètement, cela veut dire quoi ?

Hervé Mariton : 2% en-dessous de 10.000 € de revenus, 15% au-dessus.

Breizh Info : Mais cela va engendrer d’importantes pertes de recettes par rapport au revenu de l’impôt actuel ! Compte tenu de l’endettement de la France et de son évolution, cela semble difficile à mettre en œuvre…

Hervé Mariton : Je suis pour la suppression des niches fiscales.

Breizh Info : Quid alors de la recherche [5.5 milliards sur les 83.3 milliards que pèsent l’ensembledes 449 niches fiscales] et des secteurs qui sont parfois assis sur une niche fiscale, comme peuvent l’être la forêt, les associations, la restauration de monuments historiques ou le cinéma ?

Hervé Mariton : Les niches fiscales ne sont pas une bonne manière de faire. Il faut les supprimer. Elles sont hypocrites et inefficaces.

Breizh Info : Comment votre candidature est accueillie au sein des Républicains ?

Hervé Mariton : Plutôt bien. Les gens apprécient la sincérité, la cohérence et la liberté de ma démarche.

Breizh Info : que pouvez-vous dire à ceux qui estiment que certains de vos positionnements – sur la défense de la famille par exemple – sont trop tranchés ?

Hervé Mariton : ceux qui veulent que je sois plus rond ou plus mou m’exaspèrent. On n’est même pas encore au pouvoir et certains déjà veulent en rabattre sur nos convictions ?!

Breizh Info : Vous êtes russophone et russophile. Que pensez-vous des sanctions européennes contre la Russie, et donc de l’embargo russe sur les produits européens, qui est la réponse russe à ces sanctions ? Cette situation prive depuis des mois nos agriculteurs, notamment bretons, de débouchés qui leurs sont vitaux.

Hervé Mariton : je suis favorable à ce que ces sanctions bilatérales soient levées. Je souhaite que la France prenne l’initiative de ce débat, afin qu’il y ait une position européenne commune et cohérente. Je ne donne pas le bon dieu à Poutine sans confession.

Breizh Info : sur la Crimée par exemple ?

Hervé Mariton : Par exemple. La Crimée a été annexée.

Breizh Info : il y a pourtant eu un référendum où la population de la presqu’île de Crimée a été consultée ?

Hervé Mariton : La Crimée est historiquement russe, mais ce genre de question ne se règle pas en un référendum. Celui-ci a eu lieu dans des conditions critiquables.

Breizh Info : Si vous êtes le candidat de la droite et du centre en 2017, vous reviendrez sur la loi Taubira ?

Hervé Mariton : Absolument. Je suis pour une union civile des homosexuels, sans filiation.

Breizh Info : Il existe pourtant déjà le PACS ?

Hervé Mariton : Oui, mais il n’y a pas d’ambition de durée dans le PACS.

Breizh Info : Dernière question. Vous avez vu dans la journée la ville de Nantes, avec ses rues qui portent encore les stigmates de trois mois de manifestations violentes… contreplaqués sur les vitrines, distributeurs de billets condamnés, vitrines cassées etc. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Hervé Mariton : Les violences sont inadmissibles, et la tolérance des Nantais à la violence l’est tout autant. Casser une vitrine n’est pas une opinion politique. Il faut punir les casseurs.

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