Encore un mois…

Encore un mois…

Une fois de plus, en cette période de pandémie, Emmanuel Macron s’est donc prêté au jeu du discours présidentiel télévisé. Une fois de plus un discours long, très long, mais qui, globalement, il faut le reconnaître, était d’une facture un peu meilleure que celle de ses interventions précédentes. Le président aura été obligé de reconnaître des fautes, des manquements, y compris de sa propre responsabilité : il faut dire qu’il était difficile de faire autrement ! Pour autant, il ne s’est pas privé de noyer habilement le poisson en incriminant l’imprévisibilité du virus…

A défaut d’un cap, les Français ont retenu une date, le 11 mai, qui donne un semblant d’horizon temporel, mais laisse en suspens une cohorte de questions sans réponses. Comment peut-on envisager sereinement de mettre économiquement à l’arrêt un pays pendant encore un mois entier, quand aucune position satisfaisante n’est envisagée au sujet des masques et des tests ?

Dans un océan de paroles, une parole censée, enfin, autorisant la visite aux personnes malades et âgées en fin de vie. Il était temps. Il en aura fallu, des morts honteuses et solitaires, pour que l’on revienne à autoriser cette expression la plus élémentaire de notre dignité humaine…

Désormais, pour le pouvoir, une obsession : préparer l’après, construire l’avenir. Mais sur quelles bases ? Prenant la parole le lundi de Pâques, Emmanuel Macron aura accompli l’exploit de ne pas prononcer une seule fois le mot de « Pâques », de ne pas avoir une seule pensée pour tout ce que cette fête symbolise de renouveau et de vie pour des millions de croyants. Le président prétend rebâtir un nouveau monde, mais il nous apporte en direct la preuve que ce monde sera, une fois de plus, sans racines et sans passé. Où puisera-t-il donc les ferments de la fraternité qu’il appelle de ses vœux ? Une unité abstraite et désincarnée.

Dans la deuxième partie de son discours, reviennent les vieux démons, quand Emmanuel Macron tente de se projeter dans cet « après ». Il nous parle beaucoup d’Europe… mais de quelle Europe ? L’incantation règne, l’Europe devient une sorte de mot magique, de sésame plus que jamais sans contenu, déconnecté de toute réalité. Quelle Europe, en effet ? Avec l’Angleterre, qui est bienheureuse d’en être sortie, et peut envisager sereinement de dévaluer sa monnaie ? Avec l’Italie, qui songe plus que fortement à claquer la porte pour tenter de se réinventer un destin propre ? Avec l’Allemagne et l’Autriche, qui ont géré de manière efficace l’épidémie, tout à l’inverse de la France, et qui font repartir progressivement leurs économies et veilleront à préserver l’euro fort ?

Mais le clou de la prestation présidentielle a sans aucun doute été l’annonce de l’effacement de la dette de l’Afrique. Par quel coup de baguette magique financière Emmanuel Macron espère-t-il parvenir à ce résultat ? Nadine Morano rappelait avec beaucoup de bon sens qu’une dette ne s’efface pas d’un coup d’éponge sur l’ardoise. Elle est toujours payée par quelqu’un, et dans ce cas précis, ce sont donc les Français qui vont payer, une fois de plus, « sans aucune contrepartie de maîtrise de leur immigration et la maîtrise de leur démographie ».

Nous voilà donc réduits à attendre un mois de plus. Nous en prenons acte, mais restons plus que jamais sur notre faim quant aux modalités du redressement de notre pays.

Pour votre information, j’ai le plaisir de vous informer que mes quatre chroniques de la semaine sur TV Libertés évoqueront quatre scénarios sur « l’après », politique, économique, social et culturel – elles n’engagent que le modeste chroniqueur que je suis !

François Billot de Lochner

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